La traversée de la Norvège à vélo

Fanny - 11/04/2018

Aujourd’hui nous partons sur les routes de Norvège avec Julien, 21 ans, étudiant en école d'ingénieurs à Icam Site de Paris-Sénart, passionné par le sport. « Je ne recherche pas la performance, mais plutôt des moyens de me défouler et de m'évader du quotidien. J'aime cependant me fixer de petits défis comme ce voyage à vélo ou encore un marathon. »  

Une préparation sur mesure  

La Norvège... Ok mais pourquoi ? 

J'ai commencé à organiser mon voyage 9 mois avant le départ. J'avais depuis longtemps l'envie de faire un voyage à vélo et mon école d’ingénieurs nous laisse 4 mois de libre à la fin de la 3ème année pour construire et vivre un projet, j’en ai donc profité. L'idée de la Norvège m'est venue car c'est un pays avec des paysages magnifiques, une faible densité de population, une grande sécurité et la possibilité de faire du camping sauvage.   

Un budget ?   

Mon budget total était de 3100€ en comptant l'ensemble des frais (vélo, tente, matériel, billets, nourriture, camping etc). Ayant travaillé toute l'année avant le voyage avec des jobs étudiants, j'avais pu rassembler 3500€. J'aurais pu économiser 150€ en gérant mieux mes billets d'avion, en n'achetant pas les billets retour 2 mois à l'avance car mon itinéraire vélo a évolué. J'avais déterminé un budget nourriture par jour et j'avais prévu de faire une nuit en camping/hôtel toutes les 3/4 nuits.  

Et niveau bagage …  

L'ensemble de mes affaires rentrait dans mes sacoches de vélo. 2 à l'avant de chaque côté de ma fourche et 3 à l'arrière (2 latérales et une par dessus le porte-bagages). Pour le transport en avion j'ai mis l'ensemble dans un grand carton à la taille maximum réglementaire. Quant à mon vélo, je l'ai protégé du mieux possible et je l'ai placé dans un carton spécial vélo. Et je n’ai pas eu de problème, juste un éclat de peinture au retour du voyage après 4 vols différents.   

La détermination du parcours  

J'ai déterminé à l'avance les grandes étapes de mon voyage, les points où je voulais passer (Oslo, Bergen, Iles Lofoten, Cap Nord). Lors de la première partie du voyage j'ai constitué mon parcours sur place, au fur et à mesure, souvent le soir pour le lendemain. Sur la deuxième partie, j'ai suivi l'itinéraire EuroVéloRoute 1.  

J’ai donc décidé de partir seul début juin. Une fois mon budget en poche, mon itinéraire déterminé et mes bagages bouclés, j’ai pris l’avion entre Paris et Oslo pour 2 mois et demi sur les routes.   

4200km à la force des jambes, un itinéraire unique  

Sur l'ensemble du voyage, j'ai parcouru 4200km (600km en France, 250km en Espagne et 3350km en Norvège). J'ai commencé par une 1ère étape seul entre Oslo et Bergen, j'ai rejoint un ami à Bergen puis nous avons longé la côté jusqu'à Alta dans le Nord du pays. Je me suis arrêté 1 mois pour faire du woofing (ferme et gîtes avec chiens de traîneau). Durant ce mois, j'ai fait la montée en vélo jusqu'au Cap Nord avec un Espagnol rencontré à Alta (250km) et quelques randonnées pédestres dans différents endroits endroits magnifiques (Ile de Seiland, Kafjord, Sørøya, Salmon River). 

A la fin de ce mois, il m'a proposé de passer quelques jours avec lui dans son pays basque natal. J'ai alors pris un billet pour Bilbao alors que je comptais initialement descendre la Suède pour rejoindre Oslo et ainsi faire une boucle scandinave. J'ai passé quelques jours à l'ouest de Bilbao puis j'ai repris mon vélo pour rejoindre la France. J'ai ensuite remonté la côte atlantique jusqu'à Nantes par l'Eurovélo route 1.    

En fonction de la météo, du dénivelé et des aléas du parcours (lieux intéressants, ferrys etc) j'ai parcouru entre 60 et 140km par jour.

J'ai fait beaucoup de rencontres, beaucoup de rencontres brèves d'une journée au gré de mon itinérance (arrêt dans un camping, sur un ferry etc...) mais également quelques rencontres plus marquantes. J'ai voyagé à vélo pendant 4 jours avec un jeune anglais de 23 ans, qui voyageait jusqu'à la frontière russe (Kirkenes) et qui vivait avec un budget de 3€ par jour. C'était très enrichissant de voir son mode de vie simple, sa mentalité positive et son histoire prenante. Je suis devenu très ami avec un Espagnol de mon âge avec qui j'ai travaillé 1 mois en woofing et qui m'a fait découvrir le Pays Basque espagnol. Nous sommes restés en contact !

Une expérience de vie marquante et originale  

C'était une expérience inoubliable, vivre en itinérance n'est pas facile car on n'a pas de point d'accroche et on subit la météo parfois difficile du pays mais le sentiment de liberté et le fait de vivre à son propre rythme sans aucune contrainte imposée par un autre est formidable. En faisant du camping sauvage (plus de 40 nuits en Norvège), j'ai aimé la proximité avec la Nature. Voyager à vélo permet de tout voir, capturer de ses yeux tout ce qui nous entoure (beaucoup mieux qu'en voiture). Les locaux sont beaucoup plus ouverts envers les voyageurs à vélo, ils sont souvent curieux, surtout dans des régions reculées et non touristiques.  

J'ai également eu un petit sentiment de fierté car j'étais vraiment heureux de dire que j'ai traversé tout un pays juste à la force de mes jambes, tout cela crée des souvenirs inoubliables et le sentiment d'avoir eu une expérience de vie marquante et originale. J'ai été néanmoins quelque peu déçu de l'accueil par les propriétaires des gîtes, j'ai eu le sentiment qu'ils me considéraient juste comme de la main d'oeuvre gratuite malgré des moments formidables avec les chiens où j'ai pu faire de longs entraînements dans des cadres sauvages et magnifiques.  

Prêt pour un nouveau départ ?

Cette première expérience m'a vraiment donné goût à ce type de voyage. Je projette de faire des trips en France sur des périodes courtes dans des régions que je n'ai jamais traversées en vélo. J'en garde des souvenirs mémorables et j'espère même pouvoir refaire des roadtrip vélo dans d'autres pays étrangers.  

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